La perte de poids

 La perte de poids

  Les mécanismes de la perte de poids répondent à des facteurs physiologiques, psychologiques (émotionnels) environnementaux et en partie génétiques. Nous nous intéresserons ici au premier facteur.

I – Comment prendre du poids ?

  Question paradoxale dans un tel article, me direz-vous, mais pas tant que ça.

  Bien comprendre les mécanismes de la prise de poids permet de se rendre compte des éléments mis en jeu pour obtenir l’effet inverse.

 

  •  Les grands organes impliqués

  La perte, comme la prise, de poids, n’est que l’histoire du corps, s’adaptant aux différentes péripéties qui se présentent à lui afin de fournir de l’énergie à tous ses organes, car les besoins énergétiques de l’organisme sont permanents (votre cœur, votre cerveau, vos poumons… tout cela fonctionne en permanence, n’est-ce pas?).

  Parmi les acteurs impliqués, nous retrouvons:

le cerveau, littéralement à la tête de l’organisme et grand consommateur de glucose mais qui peut se contenter, dans les moments les plus difficiles, des corps cétoniques (autre source d’énergie).

le pancréas, c’est le grand décisionnaire : quand il y a un apport alimentaire, il émet des signaux sous forme d’insuline pour ordonner le stockage des nutriments. En dehors de ces apports, il émet des signaux sous forme de glucagon pour utiliser les réserves.

le tissu adipeux (ou « masse graisseuse »), c’est la plus grande réserve d’énergie sous forme de triglycérides.

  Souvent sollicité, il assure la fourniture des acides gras et du glycérol pour nourrir différents organes.

le foie, grand laboratoire de l’organisme, permet de transformer les éléments qu’on lui envoie en source d’énergie (par exemple, il peut transformer le glycérol du tissu adipeux en glucose).

les muscles sont des opportunistes au niveau énergétique, car malgré leurs réserves personnels de glycogène pour leur fournir du glucose, ils peuvent utiliser d’autres sources d’énergie pour se nourrir. Mais ils peuvent également envoyer des acides aminés et du pyruvate au foie pour la fabrication de nouvelles sources d’énergie.

  Ces organes, en plus des autres tissus et organes, utilisent trois types de substrat énergétique pour bien fonctionner :

le glucose (principale source d’énergie et indispensable pour certains organes comme le cerveau)

les acides gras (notamment utilisés par les muscles)

les corps cétoniques (fabriqués par le foie à partir des acides gras et des acides aminés, et utilisés par un grand nombre d’organes).

 

  • La prise de poids

  Nous avons les différents acteurs, voyons maintenant les 3 grands piliers de la prise de poids:

Avoir une alimentation riche en protéines, lipides et glucides (et éventuellement en alcool)

  Leur digestion et absorption donne respectivement dans le sang des acides aminés, des chylomicrons (transformés ensuite en acides gras) et du glucose (et de l’éthanol si vous consommez des boissons alcoolisées).

  Le glucose est un signal pour le pancréas qui va sécréter alors de l’insuline ce qui va favoriser le stockage des acides gras.

  De plus, tout excès de ces nutriments, toujours sous l’effet de l’insuline, va entraîner in fine leur stockage sous forme de triglycérides (énergie de réserve) dans le tissu adipeux (« masse graisseuse » du corps).

  Il est à noter que, excès ou pas, les acides gras sont toujours en grande partie stockée dans le tissu adipeux.

  Le phénomène de stockage se nomme la lipogenèse adipocytaire (littéralement : fabrication des réserves de lipides dans les cellules adipeuses).

 

Avoir une alimentation continue

  En mangeant continuellement, l’apport de nutriments, et notamment de glucides, dans l’organisme, va entraîner la sécrétion d’insuline en permanence par le pancréas.

  L’insuline va alors stimuler le foie pour qu’il transforme le glucose et les acides aminés excédentaires en acides gras puis en triglycérides.

  Ces derniers vont alors voyager jusqu’au tissu adipeux qui va les stocker, en plus des acides gras apportés par l’alimentation.

  En parallèle de ce stockage, l’insuline inhibe la lipolyse adipocytaire, autrement dit la dégradation des réserves graisseuses, ce qui empêche le corps de perdre sa masse graisseuse, empêchant ainsi la perte de poids.

 

Limiter l’activité physique

  Le myocarde, ou muscle cardiaque, est un grand consommateur d’acides gras, dont le stock principal se trouve dans le tissu adipeux.

  Ce muscle consomme donc de base beaucoup d’acides gras, mais en limitant l’activité physique, celui-ci sera moins sollicité et donc moins gourmand en énergie, ce qui limitera la fonte de la masse graisseuse.

  Notons, qu’en plus d’une prise de poids, le fait de solliciter en permanence le pancréas risque de le fatiguer et rendre votre organisme insensible à l’insuline sur le long terme.

  Il est donc à prévoir, entre autres, l’apparition d’un diabète couplé à des risques cardiovasculaires importants suite à une mauvaise régulation du taux d’acides gras dans le sang et à un cœur peu sollicité par le manque d’effort physique.

 

II – Et la perte de poids dans tout ça ?

  Dans les faits, les apports alimentaires sont discontinus et variables, aussi bien quantitativement que qualitativement, contrairement à la consommation énergétique de l’organisme qui est globalement permanente et dont on peut distinguer deux phases : la période alimentaire et la période de jeûne.

  A partir de là, plusieurs réflexions peuvent s’offrir à nous pour perdre du poids.

Loin de moi l’idée de rentrer dans des détails trop complexes des lois biochimiques régissant le fonctionnement du corps (quoique les plus curieux peuvent toujours me demander un article dessus en commentaire), il peut cependant être intéressant d’en explorer quelques unes afin de voir les avantages et les limites de chaque réflexion.

  Avant d’aborder différents cas de figures, quelques précisions :

– n’oubliez pas que le corps a besoin d’énergie en permanence (pour le cerveau, le cœur etc), et que ce que je vais vous décrire n’est qu’une adaptation de l’organisme pour obtenir cette énergie.

– la lipolyse adipocytaire représente l’effet voulu : une dégradation des triglycérides du tissu adipeux ou autrement dit une « fonte » de la masse graisseuse.

– enfin, sauf exception, nous partirons du principe qu’il y aura trois repas par jour (autrement dit, des périodes de jeûne auront lieu entre le petit déjeuner et le déjeuner, le déjeuner et le dîner, ainsi que le dîner et le petit déjeuner du lendemain).

Maintenant que ceci est dit, voyons quelques pistes de réflexion pour perdre du poids.

 

  • Les jeûnes de plus de 12h

  La première réflexion est la suivante : si les nutriments apportent de l’énergie qui peut être stockée, pour perdre du poids il faudrait donc ne pas manger du tout !

  Cela donne un mécanisme de type « jeûne de plus de 12h ».

  Pourquoi plus de 12h ?

  Car en-deçà, le jeûne est physiologique, c’est-à-dire qu’il est en adéquation avec le fonctionnement de l’organisme.

  Peu importe le type de jeûne, le principe est le même : ne pas manger pendant plusieurs heures, ou du moins ne pas avoir d’apport en protides, lipides et glucides (en effet, les boissons, non sucrées et non alcoolisées, peuvent être autorisées).

  En période de jeûne, peu importe la durée, le pancréas arrête la sécrétion d’insuline et sécrète en abondance du glucagon dans tout l’organisme.

  Cela va permettre de libérer de l’énergie où il y en a pour assurer, encore et toujours, le fonctionnement du corps et de ses organes.

  Pour un jeûne de moins de 12h, le glucagon va permettre au foie de fabriquer :

– du glucose à partir de ses propres réserves de glycogènes pour l’ensemble de l’organisme

– du glucose à partir du lactate rejeté par les globules rouges et les muscles

– du glucose à partir du glycérol libéré par la lipolyse adipocytaire.

  De plus, le tissu adipeux va rejeter des acides gras pour fournir de l’énergie aux muscles.

– des corps cétoniques à partir d’une partie des acides gras de la lipolyse adipocytaire.

Au delà de 12h, tel un train de ravitaillement qui n’arrive pas, le repas se fait attendre, et l’organisme doit se rationner et s’adapter :

– les muscles vont dégrader leurs réserves personnels de glycogène pour avoir du glucose avant de se dégrader eux-même afin de fournir des acides aminés qui pourront former des corps cétoniques et du pyruvate.

  Ce dernier pourra ainsi servir à fabriquer du glucose par le foie qui diversifie donc ses ingrédients pour l’élaboration de ce précieux nutriment.

– le cerveau, noble seigneur, laisse le glucose restant aux organes qui en ont besoin et va alors se nourrir de corps cétoniques fabriqués par le foie.

  Ainsi, tant que le foie a du pyruvate (provenant des muscles) et du glycérol (provenant du tissu adipeux), il peut fabriquer du glucose et des corps cétoniques, pendant que le tissu adipeux continue de fournir des acides gras pour les autres organes.

Avantage de la méthode

Inconvénients de la méthode

Une perte de poids assurée, puisque le corps n’a pas d’apport en énergie via l’alimentation.

Et c’est à peu près tout.

Une fonte musculaire importante, entraînant une grande fatigue.

De plus, si le poids à perdre est important, les réserves musculaires atteindront un seuil critique avant d’avoir obtenu un résultat probant au niveau de la perte de la masse graisseuse.

Une fatigue accentuée par la nutrition du cerveau via les corps cétoniques (et non le glucose qui est sa

source d’énergie favorite).

Une fois le jeûne interrompu en s’alimentant à nouveau, l’organisme va stopper la perte de poids et la sécrétion d’insuline va entraîner une reconstitution des réserves graisseuses.

  Bien entendu, plus la durée du jeûne est importante, plus les conséquences peuvent être importantes.

 

  • Le régime hyperprotéiné

  Deuxième réflexion qui s’offre à nous : nous avons vu précédemment que le glucose, issu des glucides de l’alimentation, était le signal d’alarme pour la sécrétion d’insuline, hormone de stockage. Mais également que les acides gras étaient facilement stockés dans les réserves graisseuses.

  Donc, théoriquement, sans glucide et lipide dans l’alimentation, le corps n’a d’autres choix que de se tourner vers le tissu adipeux pour lui fournir l’énergie dont il a besoin.

  Les protéines pourront être préservées pour éviter d’avoir faim et permettre de ne pas avoir de fonte musculaire comme dans le jeûne de plus de 12h.

  Alors voyons cela de plus près en commençant par le devenir des protéines.

  Une fois digérées et absorbées, les protéines vont se retrouver sous forme d’acides aminés (des morceaux de protéines) dans le sang.

  Ces acides aminés vont servir à renouveler la masse musculaire, mais vont également servir de « briques » pour fabriquer de nouvelles protéines dans le foie.

  Mais dans un régime hyperprotéiné, les protéines sont apportées en excès, et l’excès va entraîner la synthèse d’acides gras à partir des acides aminés excédentaires, qui vont ensuite être stockés sous forme de triglycérides dans les tissus adipeux.

  Pourquoi peut-on perdre du poids alors ? me demanderez-vous, décontenancés.

  Tout simplement parce qu’il n’y a ni glucide, ni lipide apportés par l’alimentation. Sans ces deux nutriments, le corps ne peut pas obtenir du glucose et des acides gras via l’alimentation et devra donc puiser dans les réserves de triglycérides du tissu adipeux en permanence, cherchant désespérément l’énergie nécessaire à son fonctionnement.

  Il va donc y avoir une lipolyse adipocytaire importante (oui oui, en même temps que la synthèse de triglycérides due à l’excès d’acides aminés) pour fournir :

– des acides gras pour les muscles

– du glycérol pour le foie qui le transformera ensuite en glucose pour les organes et tissus ne pouvant consommer que du glucose.

  Nous obtenons ainsi les deux sources d’énergie importante pour l’organisme sans avoir à les apporter par l’alimentation !

  De plus, les muscles peuvent être dégradés pour fournir des acides aminés au foie qui seront alors transformés en corps cétoniques, source d’énergie de fortune pour les muscles et le cerveau si la quantité de glucose disponible est faible (le cerveau s’adapte à ce qu’il y a!).

  Mais comme il y a un apport de protéines important dans ce régime, les muscles sont automatiquement reconstruits suite à leur dégradation.

  Autre caractéristique de ce régime : sans glucose issu de l’alimentation, le pancréas sécrète peu d’insuline et beaucoup de glucagon, ce qui favorise d’autant plus la lipolyse adipocytaire.

Avantages de la méthode

Inconvénients de la méthode

Une perte de poids assez rapide, car le corps va chercher à puiser dans ses réserves tant qu’il n’y a pas de glucides ni lipides dans l’alimentation

Une préservation du poids compliquée : en effet, le corps n’ayant pas eu la quantité d’énergie nécessaire au fonctionnement du cerveau et autres organes vitaux, et le glucose et les acides gras fabriqués à partir des réserves n’étant pas suffisant sur du long terme, au moindre écart ou lors d’une diversification alimentaire (notamment la réintroduction des féculents et des matières grasses), l’organisme stoppera la lipolyse adipocytaire et, via la sécrétion d’insuline, reconstituera ses stocks pour éviter toute dénutrition à venir.

Une préservation de la masse musculaire grâce à un apport important en protéines, évitant ainsi une fatigue due à une fonte musculaire.

Un danger potentiel pour les reins : la métabolisation des acides aminés dans le corps conduit à la sécrétion de « déchets » qui sera éliminé sous forme d’urée par les reins. Si la quantité d’urée est trop importante trop longtemps, les reins peuvent en souffrir. Cela peut entraîner une insuffisance rénale à plus ou moins long terme.

Peu de fringale entre les repas, car les protéines apportent une bonne satiété.

Une fatigue peut se ressentir, car le cerveau devant utilisant des corps cétoniques et non du glucose comme source d’énergie (qui est son substrat énergétique de prédilection), son fonctionnement peut ralentir et cela peut se manifester par de la fatigue.

 

  • Les régimes hypocaloriques équilibrés

  Troisième et dernière réflexion pour cet article : les régimes hypocaloriques équilibrés dans la perte de poids.

  La base est simple : si notre corps a besoin des protéines, lipides, glucides et autres nutriments, pourquoi ne pas tout simplement les apporter mais en diminuant les quantité pour obtenir moins d’énergie ? Après tout, seul les excès de ces nutriments entraînent un stockage important, non ?

  Décortiquons cela alors !

  Durant la prise alimentaire, il va y avoir sécrétion d’insuline par le pancréas.

  Concernant les protéines, après digestion en acides aminés, ces derniers vont se retrouver dans le foie pour fabriquer de nouvelles protéines et dans les muscles pour permettre le renouvellement musculaire.

  Mais sans excès protéiques, pas de fabrication d’acides gras à partir de ces derniers et donc pas de stockage dans les tissus adipeux.

  Pour les lipides, leur digestion va donner des chylomicrons puis des acides gras qui vont être stockés in fine sous forme de triglycérides dans le tissu adipeux (en partie grâce au foie).

  Autrement dit, le stockage est inévitable pour les lipides.

  Enfin, pour les glucides qui se retrouvent sous forme de glucose après digestion, ils vont être utilisé par un peu tous les organes qui en ont besoin.

  S’il n’y a pas d’excès, le stockage sous forme de glycogène dans le foie n’atteindra pas sa saturation et il n’y aura donc pas stockage du glucose excédentaire sous forme d’acides gras dans le tissu adipeux.

Entre les repas, la sécrétion du glucagon prend le relais et permet :

– l’utilisation des réserves de glycogènes du foie pour fournir du glucose

– la lipolyse adipocytaire : les triglycérides du tissu adipeux sont dégradés en acides gras, source d’énergie des muscles et permettant la synthèse de corps cétoniques

– la dégradation des muscles pour obtenir des acides aminés et fabriquer du glucose et des corps cétoniques

Ainsi le tissu adipeux diminue mais également la masse musculaire.

Avantages de la méthode

Inconvénients de la méthode

Une perte de poids durable, car tous les nutriments son représentés et le corps n’est pas en situation de dénutrition. Si les quantités sont trop faibles, il peut y avoir dénutrition et reprise de poids lors d’écarts.

Il en est de même si les proportions entre glucides, protéines et lipides ne sont pas adaptées au métabolisme de base de la personne.

Une fatigue faible ou inexistante, car l’apport en glucides permet d’alimenter le cerveau et les organes vitaux, et l’apport en protéines limite la fonte musculaire. Si l’apport en protéines alimentaires est trop faible, il y a un risque de fonte musculaire et donc de fatigue.
Pas de fringale, si les quantités sont bien gérées, par l’apport d’une alimentation variée. Sans activité physique, la perte de poids risque d’être très lente ou en tout cas plus lente que les deux méthodes précédentes, car l’alimentation entraîne à chaque fois un stockage des lipides alimentaires.


Conclusion

  Ainsi, la prise et la perte de poids ne sont qu’une régulation de l’énergie apportée par l’alimentation à l’organisme en fonction des besoins de ce dernier.

  Mais ceci n’est qu’une facette des mécanismes de la perte de poids, car, comme dit au début, d’autres facteurs peuvent entrer en jeu (comme le stress, l’environnement etc).

  Il existe énormément de méthodes pour perdre du poids (et chacune mériterait une petite analyse pour chacun puisse faire un choix éclairé sur la méthode choisie).

  Peu importe la méthode, la perte de poids reste un phénomène de l’organisme visant à répondre à un besoin énergétique qui n’est pas totalement couvert par l’alimentation.

  Le mieux reste donc un équilibre alimentaire réadapté aux habitudes et modes de vie de chacun, afin que la perte de poids soit durable tout en alliant plaisir et santé dans l’assiette.

  Si vous souhaitez de l’aide dans cette démarche, je vous invite à consulter ma page de prise en charge pour en finir une bonne fois pour toute avec les kilos en trop !

Fermer le menu