Étiquetage alimentaire

  L’étiquetage alimentaire présent sur les emballages est la carte d’identité d’un aliment pré-emballé. C’est un peu sa manière de faire une bonne première impression afin d’attirer l’attention des consommateurs.

  Au-delà de cet aspect séducteur, la réglementation impose à l’emballage un étiquetage minimum afin d’éviter toute confusion.

  Nous allons donc décortiquer en détail l’étiquetage alimentaire ainsi que les subtilités qui peuvent échapper à la vigilance des consommateurs.

Réglementation de l’étiquetage alimentaire : le code de la rencontre

  Lorsque nous regardons plusieurs emballages différents, nous pouvons constater une certaine familiarité dans la lecture de ces derniers. Cela est tellement familier que nous pouvons aujourd’hui le faire instinctivement, comme regarder la date de péremption d’un produit… Cela est tellement devenu une habitude que ne pas pouvoir les voir rendrait le produit suspect.

  Ceci est rendu possible car certaines indications sont obligatoires sur l’étiquetage alimentaire des produits pré-emballés.
Ainsi, chaque consommateur sait que nous retrouverons toujours certaines informations utiles, peu importe l’emballage alimentaire.

  • La dénomination de vente

  Avec l’illustration et le prix, c’est en général ce que nous regardons en premier.

  Elle doit être distincte de la marque du produit et est soumise à réglementation selon le nom voulu.

  Par exemple, la dénomination « compote » doit obligatoirement induire l’utilisation de sucre dans sa composition. Ainsi, les « compotes » portant la mention « sans sucres ajoutés » ne sont, en réalité, pas des compotes mais des purées de fruits (ou desserts fruitiers).

Vous ne verrez donc jamais « compote sans sucres ajoutés » sur un emballage alimentaire (allez-y, vérifiez!).

  Le but de cette réglementation est que l’étiquetage alimentaire indique le nom du produit qu’il contient.

  Il est donc important de gardez vos yeux et votre esprit critique bien ouvert !

  Pour vous aider, voici quelques exemples de dénominations de vente que nous pouvons facilement retrouver:

– un steak haché pur bœuf est différent d’un haché au bœuf avec protéines végétales.

– poêlé de légumes, au rayon surgelé : il s’agit de légumes préparés, avec une sauce, augmentant la quantité de matière grasse et de sel du produit par rapport à des légumes surgelés ne portant pas cette mention.

– compote : nous l’avons vu plus haut, cela induit l’utilisation de sucre ajouté par les industriels.

A noter que des desserts fruitiers à 0% de glucides n’existe pas, car il y a toujours du fructose, les glucides naturels des fruits, dans votre dessert.

– yaourt : c’est un produit à base de lait qu’on a fermenté (rendu plus consistant) à l’aide de deux ferments lactiques précis et uniques : Streptococcus thermophilus et Lactobacillus bulgaricus (oui, ce sont des bactéries).

Cela ne signifie pas que les autres produits sont mauvais par rapport aux yaourts, mais juste qu’ils peuvent utiliser d’autres modes de fermentation, naturels ou pas.

  En plus du nom, le numéro de lot de fabrication doit être présent, afin de pouvoir retracer le produit de sa fabrication au consommateur en cas de problème.

  • L’origine

    Si son omission peut induire une confusion chez le consommateur, l’origine devient obligatoire.

  Ainsi, un « chorizo d’Espagne » qui serait fabriqué en France doit indiquer son lieu d’origine.

  • La liste des ingrédients

  Il s’agit de la meilleure indication pour disséquer le contenu d’un aliment.

  Dans cette liste, les ingrédients sont classés par ordre décroissant. Nous retrouvons alors en premier, les ingrédients qui sont en abondance dans le produit.

  Cela signifie également que si l’un des premiers ingrédients de votre produit est du sucre, vous allez vous retrouver avec un produit riche en sucre (ce qui se vérifiera dans le tableau des valeurs nutritionnelles). Il en est de même avec l’huile, la farine etc

  A noter également que la quantité de certains ingrédients doit être mentionnée, notamment lorsque ces derniers sont mis en valeur sur l’étiquetage alimentaire ou dans la dénomination de vente (ex : pizza au jambon).

  A la fin de cette liste, nous pouvons y retrouver les additifs alimentaires utilisés (soit sous leur forme nominal, soit sous leur forme de code européen) ainsi que les allergènes alimentaires, qui doivent être mis en relief.

  Les additifs alimentaires sont peu coûteux pour les industriels et revêtent de nombreuses utilisations, ce qui explique leur abondance dans les produits alimentaires d’aujourd’hui.

  Par exemple, les édulcorants sont des additifs alimentaires pratiques pour sucrer un aliment ou une boisson sans apporter de glucides et donc de calories.

Autre exemple, certains additifs alimentaires permettent de modifier la texture d’un produit à un moindre coût.

  En pratique, la liste des ingrédients est fort utile car elle reflète la qualité d’un produit : en général, plus la liste est longue, plus il y a d’additifs alimentaires, ce qui peut influencer les caractéristiques nutritionnels des produits (ex : les édulcorants ou la présence de sel) mais également permettre quelques économies.

  • La quantité nette du produit

  Il s’agit de son poids en gramme ou milligramme, ni plus ni moins.

  Pour un liquide, elle peut être exprimée en litre ou millilitre.

  Si le produit est présenté dans un liquide, comme dans les conserves, l’indication du poids net égoutté doit être mentionné.

  A noter que certains industriels jouent là dessus pour vous proposer des produits moins chers… mais avec une quantité moindre au niveau grammage.

  Vigilance: pensez à regarder le prix au kilogramme du produit si vous voulez faire des économies sans vous retrouver avec une assiette à moitié vide.

  A propos de quantité, il est à noter que pour les boissons titrant plus de 1,2% d’alcool en volume, le titre alcoométrique volumique est obligatoire.

  • La date de consommation

  Nous distinguons deux type d’indication :

la Date Limite de Consommation (DLC) = « à consommer jusqu’au… »

  Elle intéresse les denrées périssables, tels que les yaourts.

  Au-delà de cette date, la qualité bactériologique n’est plus assurée par l’industriel. Autrement dit, si vous consommez votre produit après sa DLC, il peut y avoir un risque pour votre santé).

la Date du Durabilité Minimale (DDM) = « à consommer de préférence avant… »

  Elle intéresse les produits de conservation longue.

  Au-delà de cette date, le produit reste comestible, mais sa qualité organoleptique n’est plus assurée (le produit peut, par exemple, avoir moins de goût, avoir une texture étrange ou encore avoir changé de couleur).

  A ce titre, si des conditions de conservation spécifiques ou un usage approprié est nécessaire, le mode d’emploi du produit devient une mention obligatoire.

  • La déclaration nutritionnelle

  Souvent sous forme de tableau, il doit au minimum contenir l’énergie, les protides, les lipides et les glucides.

  • L’énergie

  L’énergie est exprimée en kcal (kilocalorie) et kJ (kilojoule).

  Il ne s’agit que de deux unités distinctes : 1 kcal = 4,185 kJ

  Ce sont les protides, lipides et glucides de l’aliment qui lui confèrent son énergie.

 Par conséquent, ne regarder que les calories ne sert pas à grand chose vu que trois nutriments avec des rôles différents peuvent modifier l’apport calorique d’un aliment.

  • Les protides

  1g de protides apporte 4 kcal.

  Les protéines peuvent être d’origine animale ou végétale.

  • Les lipides

  1g de lipides apporte 9 kcal.

  Une sous catégorie peut apparaître sous les lipides : les acides gras saturés.

  Ceux-ci, pris en trop grand quantité et trop souvent, peuvent entraînés des problèmes cardiovasculaires.

  • Les glucides

  1g de glucides apporte 4 kcal.

  Une sous catégorie peut apparaître sous les glucides : les sucres.

  Les sucres sont des glucides d’assimilation rapide.
Donc, en cas d’abus régulier, ils peuvent dérégler la glycémie et entraîner prise de poids et/ou diabète sur du plus long terme.

  D’autres nutriments peuvent apparaître, comme les fibres, notamment en cas d’allégation nutritionnelle.

  Note : une allégation nutritionnelle est un message faisant le lien entre un composant de l’aliment et la santé.

  En pratique, il faut toujours comparer les aliments d’un même type entre eux et ne pas se fier qu’aux calories (deux yaourts peuvent être aussi calorique l’un que l’autre, mais le yaourt A est au lait entier, donc plus gras, et le yaourt B enrichi en protéine, ce dernier sera plus intéressant dans l’optique d’une perte de poids par exemple).

Les expressions réglementées

  Des mots, encore des mots, toujours mots… ceux-ci sont beaux, mais réglementés, et les industriels ne manquent pas d’imagination et d’arguments pour vous séduire.

  Voici donc un petit lexique vous permettant de bien faire la part des choses entre ce que vous dit l’étiquetage alimentaire et ce que vous devez comprendre :

Expression de l’étiquetage alimentaire

Ce qu’il faut comprendre

Remarque

Biologique

Produit issu d’un mode de production n’ayant pas eu recours à des produits chimiques, de synthèses ou d’OGM.

Pour cela, il faut une certification par un organisme de contrôle agréé.

L’expression « biologique » (ou bio) s’obtient par un cahier des charges visant un objectif de moyen et non de résultat.

Ainsi, tel le tabagisme passif, une parcelle non bio voisine peut contaminer une parcelle bio.

Pur

Terme désignant qu’il n’y a pas d’ajout d’autres ingrédients que celui indiqué.

Ex : pur jus d’orange

Campagne, fermier, paysan

Le produit veut attirer votre attention sur son côté fermier, lié à une exploitation agricole.

Artisanal

Un artisan, inscrit au registre des métiers, fabrique ce produit.

Maison, fait maison

Le produit est fabriqué de manière non industrielle, sur le lieu de vente.

A l’ancienne, traditionnel

Le produit est fabriqué selon des usages et des méthodes anciennes.

Il y a un répertoire des méthodes.

A noter que qu’il n’y a pas d’additifs alimentaires dans ces produits.

Naturel

Le produit est non transformé, non traité, tel qu’on le retrouve à l’état naturel.

Du terroir

Le produit a été élaboré à partir de matières premières obtenues à partir de procédés de fabrication issues d’une aire géographique restreinte.

L’expression « fermier » est proche de « du terroir », mais inclut des méthodes de production traditionnelles et des ingrédients provenant essentiellement de l’exploitation.

Les aliments du rayon diététique

  Dans le rayon diététique (ou dans les magasins dits « diététiques »), nous pouvons retrouver un grand nombre de produits, souvent similaires aux autres rayons, mais « diététiques ».

  En réalité, il s’agit surtout de faire un lien entre l’aliment et la santé, mais attention aux abus, car tous les produits ne sont pas égaux entre eux, et comme cela est assez long de décortiquer un rayon diététique, les rayons diététiques feront l’objet d’un article particulier.

Conclusion

  Vous savez maintenant comment aborder vos aliments et surtout, vous savez où trouver les informations dont vous avez besoin en fonction de vos objectifs en matière de nutrition.

  Le but de cet article n’était donc pas de vous orienter vers un produit plutôt qu’un autre, mais plutôt vous donner des outils pour faire un choix éclairé lors de vos courses grâce à la réglementation en vigueur qui régit les inscriptions présentes sur chaque étiquetage alimentaire.

Si vous avez des questions ou souhaitez une consultation, vous pouvez me joindre au 06 66 39 51 06 ou remplir le formulaire suivant:

Numéro de téléphone*

*obligatoire

Fermer le menu